| Vélos
pour randonner dans les pays lointains |

Quelques réflexions préalables:
Après avoir parcouru en 2000, les routes mitées du Vietnam avec nos vélos de route, il a bien fallu se rendre à l’évidence que ce genre de vélo n’est pas adapté pour les expéditions lointaines. Dans un premier temps, nous nous sommes équipés de VTC Peugeot qui nous donnaient globalement satisfaction.
Nous avons ainsi traversé le désert de Gobi, gravi les pentes du Ladakh, roulé sur les pistes d’Afrique sans problèmes majeurs. Après un voyage en Argentine Chili, nous nous sommes fait voler nos vélos à l’arrivée à Ushuaia. Nous avons donc changé pour des vélos solides et rustiques qui ne craignent pas les bosses et les éraflures et sur lesquels les réparations ne posent pas de problème. Ainsi, je n’ai pas de regrets quand je vois nos vélos faire des bonds dans la remorque du camion qui nous prends en stop. J’ai acheté le mien dans un magasin de matériel de sport d’occasion. C’est un MBK à cadre acier sans aucune suspension ni frein à disque. Celui d’Anne Marie est un MBK neuf à cadre alu et équipé de suspension avant, à l’heure actuelle, il est difficile de faire autrement sauf à se faire confectionner un vélo. Le poids des vélos avec porte bagages mais sans sacoches est de l’ordre de 15 kg.
Cadre, selle et guidon: on trouve
dans le commerce des cadres acier ou alu. L’alu permet un léger
gain de poids mais ne peut en aucune manière être ressoudé
en cas de problème dans un pays « émergent » tandis
que l’on trouvera toujours un chalumeau pour faire un point de soudure
sur de l’acier. La forme légèrement slooping facilite nos
arrêts sur la route. D’ailleurs, nous plaçons sur le tube
horizontal un tube de mousse d’isolation de chauffage afin de protéger
nos parties sensibles de chocs intempestifs. Le guidon d’Anne marie est
un guidon multipositions équipé de mousse et également
de ruban en toile tandis que le mien est un guidon droit muni de bar end aux
extrémités. Nos guidons sont équipés de rétroviseurs
pour mieux surveiller l’arrière mais nous avons abandonnés
les écarteurs qui faisaient la joie des enfants. Un compteur (Sigma BC
1200) complète l’équipement du guidon avec une sonnette
toujours bien utile. Chaque vélo possède une pompe et 2 bidons
grand volume que nous complétons par des réserves sur le vélo
en cas de besoin. Un feu clignotant rouge est fixé sur la porte bagage
arrière. Le vélo d’Anne Marie est équipé d’une
selle femme Italia tandis que le mien est équipé d’une selle
homme Italia
Roues: Nos roues sont équipées
de jantes à doubles parois et à 32 rayons de 2.2 mm. Les moyeux
sont des Shimano Déore. Une paire de garde boue Zéfal pour VTT
nous protège suffisamment en cas de pluie. Ces garde boue très
légers sont faciles à mettre en place et à démonter,
en particulier dans les opérations de chargement/déchargement
des vélos.
Pneumatiques: nous roulons avec des pneumatiques Schwalbe Marathon HS 368 de
taille 26 x1,5 qui sont réputés pour leur longévité
et également pour la solidité de leurs flancs ce qui est très
intéressant sur les pistes. A ce jour, et pour plusieurs milliers de
kilomètres sur des pistes et des routes sommaires, nous n’avons
eu à déplorer que quelques crevaisons. Je prends la précaution
de les gonfler au moins à 5/6 kg. de façon à limiter les
crevaisons.
Freins: mon vélo est muni de
frein cantilever à patins à tige tandis que celui d’Anne
Marie possède des freins Vbrake à patins à fixation à
vis. Ils sont très faciles à manipuler voire à démonter.
Ils n’ont pas l’efficacité des freins à disque mais
on peu trouver à se faire dépanner partout dans le monde.
Transmissions: Classiquement, nos VTT sont équipés d’un
pédalier à triple plateau de 22/32/42 associé à
un jeu de 9 vitesses 13/32 sur l’arrière. Notre plus petit développement
est de 22 x 32 soit de 1,4 mètre, ce qui nous fait quand même progresser
à environ 4 à 5 km/H dans les conditions les plus extrêmes.
Les dérailleurs avant et arrière sont des Shimano Déore
associés à des manettes rapidfire Shimano Déore qui donnent
totale satisfaction. Après une sérieuse tempête de sable
en Mongolie, il a suffit d’un coup de chiffon sur toutes les parties mobiles
pour repartir sans problème. Les chaînes sont des Sachs ordinaires
avec maillon attache rapide SRAM Powerlink. A ce jour, je n’ai eu qu’une
seule fois un début de bris de chaîne, et encore elle était
quasiment neuve. Nous partons néanmoins à chaque fois avec des
chaînes neuves qui ne font qu’un seul voyage, contenu des conditions
de route généralement rencontrées.
Porte bagages et sacoches:
Nos porte bagages arrière sont des Tubus cargo donnés pour 40
kg de charge, l’avant d’Anne Marie est un Tubus swing spécial
fourche à suspension de 15 kg de charge et le mien est un Zefal Low Rider
de 20 kg de charge.
Après avoir essayé plusieurs types de sacoche, notre choix s’est
porté sur la marque Ortlieb, choix de la plupart des cyclo voyageurs.
Elles sont pratiques à charger, faciles à accrocher, les fixations
tiennent remarquablement bien et surtout, elles sont réellement étanches.
Chaque sacoche est repérée extérieurement (AVD, ARG,..)
et son contenu est identifié de manière à accéder
rapidement à n’importe quel objet. Toutes les sacoches sont équipées
de bandes à haute visibilité jour/nuit et à l’arrière
flottent deux petits drapeaux français et européen ou français
et breton.
Je complète le dispositif en plaçant sous ma sacoche de guidon
une grosse banane dans laquelle je range tout mon matériel de réparation
vélo et de pièces détachées (environ 2 kg) tandis
qu’Anne Marie se charge du pneu de rechange que nous emmenons avec nous
et que nous donnons toujours en fin de voyage ainsi que tout le superflu pour
nous alléger. Nos vélos n’ont pas de lumière (nous
ne comptons pas rouler la nuit) mais nous avons quand même un feu rouge
arrière clignotant, en cas d’éclipse solaire.
Pédales et chaussures: nous
sommes restés fidèles aux pédales classiques sans fixation
de sécurité avec néanmoins avec des cale pieds courts Zéfal.
Cela nous permet de rouler avec n’importe quel type de chaussures. De
préférence, nous chaussons des Shimano fermées M033 mais
nous avons également des nu pieds Shimano SD 060 pour pouvoir passer
facilement les gués et faire ensuite sécher rapidement les chaussures.
Ainsi, nous pouvons utiliser la même paire de chaussures pour prendre
l’avion, visiter un temple voire faire du vélo. Bien évidemment,
ces chaussures ne sont pas équipées de cales pour pédales
automatiques.
Transport en avion: les housses de
vélo n’étaient pas adaptées à nos VTT, de
plus elles nous embêtaient lors de notre voyage par leur poids et leur
volume. Nous suivions donc jusqu’à maintenant les conseils de CCI.
Pour ce faire, retrait des pédales et fixation sur le porte bagage arrière,
protection du dérailleur arrière avec de la mousse, du grand plateau
du pédalier avec du tube annelé de fil électrique de manière
à éviter de s’accrocher avec, rotation du guidon dans l’axe
du vélo (une fois arrivé au guichet d’embarquement), dégonflage
partiel des pneus. Au moment de l’embarquement, nous déclarons
toujours un poids inférieur à la réalité, ce qui
est impossible à vérifier. Pour les sacoches, nous prenons en
bagage à main chacun une grosse Ortlieb chargée à bloc
(sans les piquets de tente pour ne pas avoir les mêmes problèmes
qu’à Moscou) plus notre sacoche de guidon, elle même chargée
à bloc tandis que tout le restant est passé dans un seul grand
sac, ce qui est plus facile à manipuler et à récupérer
sur le tapis roulant. Evidemment, il ne faut pas faire trop de distance à
pied avec ce sac sous peine de le voir se déchirer au beau milieu d’un
carrefour comme à Hanoi. Au retour, nous procédons de la même
manière, après nous être débarrassé de la
chaîne et démonté le dérailleur arrière qui
est fixé sur le porte bagages arrière avec les pédales.
Lors de notre retour en avion d’ Istanbul, il n’a pas été
possible de procéder ainsi et nous avons du faire filmer nos vélos
aux frais d’Air France en affirmant que nous n’avions plus d’argent.
Les bagagistes en ont vraiment bavé mais le résultat est très
satisfaisant, les vélos et les roues en particulier sont très
bien protégés, sans augmentation de poids des vélos. Il
semble que compte tenu des nouvelles mesures de sécurité dans
les avions, cette façon de procéder devienne plus délicate
dans l’avenir.
Transport en bus: Bien évidemment,
ne laisser aucune sacoche sur le vélo. Tourner le guidon, voire retirer
les pédales, protéger le dérailleur comme pour l’avion
pour le chargement du vélo: outre qu’il tiendra moins de place
sur la galerie et facilitera la tâche des bagagistes, cela limitera le
risque de se le faire faucher lors du déchargement (un éventuel
voleur n’irait pas bien loin, avec un guidon parallèle au cadre).
Toujours avoir sur soi des lanières à fixation rapide pour pouvoir
parfaire le maintien du vélo dans la soute ou sur le toit.
Préparation au voyage : On ne
roule pas de la même manière sur des vélos de route et des
vélos de cyclo-camping. Pour nous préparer efficacement, il faut
donc rouler dans des conditions proches de la réalité du terrain.
Dans les mois qui précèdent notre voyage, nous partons sur de
courts périples de week-end avec tout notre chargement de voyage quitte
à rajouter du poids avec des packs de lait ou autre. Evidemment quand
nous déambulons dans notre quartier, cela surprend un peu et les voisins
compatissent un peu pour la vie endurée par Anne Marie. Il nous faut
tester à nouveau tout notre matériel aussi nous partons avec tente,
gamelles et duvets de manière à reprendre les réflexes
du cyclo randonneurs.
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· Conseils pour son matériel de randonnée